Marché du transport 09.07.2020
6 min.

La pénurie de chauffeurs après la crise du coronavirus est-elle réglée ?

Comment va évoluer le besoin de personnel qualifié dans le secteur du transport en Europe ?

Pénurie de chauffeurs

Cela fait des années que l’on parle du manque de chauffeurs poids lourds qualifiés.

Différentes initiatives et actions ont été lancées pour attirer l’attention des jeunes sur le métier de chauffeur et les recruter, mais elles ont rencontré un succès modéré. Début mars, avant même le début de la crise mondiale du coronavirus, l’International Road Transport Union (IRU) a prédit une aggravation de la pénurie de chauffeurs en Europe en 2020.

Alors que l’enquête de l’IRU révèle une pénurie de chauffeurs qualifiés de 23 pour cent l’année passée, l’association mondiale du secteur du transport routier estime que ce chiffre va atteindre 36 pour cent cette année. La Pologne et la Roumanie sont certes particulièrement touchées par cette pénurie, mais la situation en Allemagne et les perspectives d’amélioration sont loin d’être satisfaisantes. Selon les déclarations de l’initiative FairTruck, avant le déclenchement de la pandémie de coronavirus, on estimait le besoin de chauffeurs poids lourds à 150 000 dici 2022.

Les organisations interprofessionnelles et les entreprises de transport tirent la sonnette d’alarme depuis longtemps. Des milliers de chauffeurs prennent leur retraite chaque année, et la relève se fait attendre. Le marché du travail est pratiquement désert. De nombreux jeunes ne veulent plus devenir chauffeurs poids lourds. L’image des camionneurs a beaucoup souffert au cours des dernières années, et les conditions de travail se sont quelque peu dégradées. L’aventurier romantique tel qu’il était incarné par Manfred Krug et Rüdiger Kirschstein dans la série télévisée allemande légendaire « Les Routiers », est bien loin aujourd’hui. Devenir chauffeur poids lourd par pure passion pour le métier, c’est de l’histoire ancienne. Et les raisons de cette pénurie sont multiples : Les camionneurs souffrent toujours d’un manque destime et d’une trop faible rémunération. L’IRU constate également que la proportion de femmes reste faible, ce qui est directement lié au manque d’aires de repos et de stationnement sécurisées.

Limage et lestime des camionneurs en souffre

Bien que les chauffeurs poids lourds, pendant la crise du coronavirus se soient révélés être des héros du quotidien et des éléments essentiels au système sans lesquels il aurait été impossible d’approvisionner la population, la situation a continué à se détériorer. Les problèmes fondamentaux de leur travail quotidien ont continué à s’aggraver : Pendant le confinement en Allemagne, de nombreuses stations-service et aires de repos ont temporairement fermé boutique, les chauffeurs ne pouvaient plus manger ni utiliser les installations sanitaires pendant leurs pauses ou après leur journée de travail. Des situations inconcevables et un manque de respect et destime à l’égard de ces héros du quotidien. Les protestations des associations professionnelles et des entreprises du secteur ont rapidement porté leurs fruits avec la réouverture des aires d’autoroutes pour les chauffeurs. Cela leur permettait au moins de s’approvisionner en produits de base. Toutefois, selon les déclarations de nombreux routiers, le respect des règles d’hygiène dans les installations sanitaires est loin d’être satisfaisant.

Aucunes règles dhygiène satisfaisante sur les quais

La situation sur les lieux de chargement et de déchargement reste encore indicible, c’est ce que rappelle la Fédération allemande pour le transport routier des marchandises, la logistique et le traitement des déchets (Bundesverband Güterkraftverkehr Logistik und Entsorgung (BGL)). #LogistikHilft (Aide logistique) est une initiative commune du Ministère fédéral allemand des transports et de l’infrastructure numérique (BMVI), de la Fédération allemande pour le transport routier des marchandises, la logistique et le traitement des déchets (BGL), de la Logistics Alliance Germany (LAG), de l’Institut Fraunhofer pour les flux matériels et la logistique et de l’association d’intérêt public DocStop.

Ils s’engagent notamment auprès d’autres partenaires pour que des conteneurs sanitaires soient mis en place sur les quais et que les chauffeurs soient approvisionnés en masques et gels hydroalcooliques ainsi que d’autres produits hygiéniques.

En outre, la BGL a déjà créé en 2019 l’association de soutien PROFI qui s’engage en faveur d’une meilleure image de la logistique en général et des chauffeurs poids lourds en particulier. Cette association veut obtenir l’amélioration des conditions de formation pour rendre ce métier indispensable au bon fonctionnement du système, plus attractif pour les jeunes. L’ association « Die Transportbotschafter » (Les ambassadeurs du transport) du fondateur de TIMOCOM, Jens Thiermann, s’engage également publiquement en faveur d’une meilleure estime pour la profession.

Peut-on espérer de nouvelles opportunités dans le secteur du transport après la crise ?

La crise du coronavirus est loin d’être terminée. Mais à quelles autres conséquences et évolutions faut-il s’attendre dans la logistique et le transport routier de marchandises ? Dans le secteur du commerce alimentaire de détail, le volume de fret est resté stable, y compris pendant le confinement. Dans d’autres secteurs tels que celui de l’automobile, en revanche, la production et par conséquent, la logistique, a été arrêtée pendant des semaines. Paradoxe : De nombreux chauffeurs étaient confinés chez eux alors que leur présence est requise d’urgence en temps normal.

Et que se passera-t-il lorsque l’économie redémarrera ? Le besoin de chauffeurs qualifiés pourrait à nouveau augmenter progressivement en Europe avec la sortie du confinement. L’économie sera alors sévèrement touchée par les répercussions négatives du confinement sur les entreprises de transport qui ont été contraintes de réduire leurs capacités.

Ceci pourrait également avoir un impact sur les prix du transport si les entreprises ne disposent pas d’un nombre suffisant de véhicules disponibles pour transporter leur fret. Cela pourrait entraîner une hausse de la demande de chauffeurs. De nouvelles opportunités pour les métiers du secteur du transport ? Il faut maintenant prendre les mesures qui s’imposent pour éviter les pénuries de capacités dans le transport routier de marchandises.

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